Mésaventures avec la Kindle Fire d’Amazon

Criez-le!  

Kindle Fire

Vous avez probablement entendu parler de la nouvelle tablette Kindle Fire d’Amazon. Ce lecteur électronique couleur roulant sous Android qui ne coûte que 200$ me semblait une véritable bonne affaire – et c’en est une, mais… il y a un « mais ».

J’ai pré-commandé ma Kindle Fire fin-octobre, comme bien des gens. La sortie officielle étant le 15 novembre, le délai n’était pas trop éloigné et j’avais vraiment hâte de mettre la main dessus.

Le hic, c’est qu’Amazon ne vend la Kindle Fire qu’aux États-Unis. J’ai donc dû demander une faveur à un ami de longue date habitant la Californie de passer la commande pour moi auprès d’Amazon et de m’expédier le tout lorsqu’il recevrait la commande.

J’en ai profité pour commander un étui par la même occasion pour 40$US. Je voulais être tout équipé lorsque la Kindle Fire arriverait.

Murphy me paie une petite visite…

La Kindle Fire arrive donc à la date prévue chez mon ami qui me l’expédie aussitôt. J’ai choisi de prendre des assurances et les frais postaux s’élèvent à autour de 30$US. La tablette me parvient enfin le 26 novembre (oui, c’est long la poste entre le Canada et les États-Unis!), avec une petite surprise…

Malgré le fait que mon ami ait indiqué « Gift » (cadeau) sur le bordereau d’expédition, il a aussi écrit clairement « Amazon Kindle Fire eReader », valeur de 250$ (incluant l’étui) et les douanes n’ont pas apprécié. Des taxes et frais de dédouanement de 45$ me sont exigés à la livraison, ce que je n’ai pas le choix de débourser si je veux prendre possession du paquet. Joie.

Remis de ma légère déception, j’ouvre la boite et déballe la tablette.

Je suis agréablement surpris de la taille. Ça se prend bien en main. Ce n’est pas la tablette la plus légère que j’ai pu tenir entre mes mains, mais ce n’est pas trop lourd non plus. Les couleurs à l’écran sont très riches et celui-ci répond TRÈS bien aux contacts tactiles. Aussi bien qu’un appareil iOS (et ce n’est pas peu dire).

Amazon a fait un bon boulot sur le matériel! Je jubile.

Je configure donc l’appareil (Wi-Fi, compte, coordonnées, etc.) et j’arrive à une étape où la Kindle Fire doit effectuer une mise à jour, ce que je lui permets de faire.

Elle redémarre après avoir complété l’installation… le logo « Kindle Fire » apparaît… et reste à l’écran durant de longues minutes.

KindleFire Boot Logo

Étant du type patient, je la mets de côté, mais je me doute qu’il y a un problème car rien, absolument RIEN ne se passe à l’écran. Le logo ne clignote pas, l’intensité lumineuse de l’écran ne varie pas.

Je me mets à paniquer et je fouille sur les forums d’Amazon. En deux semaines, il doit bien y avoir des gens qui ont eu ce problème, non?

Eh! bien oui. En fait, il y en a des DIZAINES! De plus, il existe plusieurs variantes à ce problème. Certains plus chanceux n’ont eu qu’à effectuer une réinitialisation en appuyant pendant 15 ou 20 secondes sur le bouton de mise en marche et le problème s’est résolu de lui-même.

Pas moi.

Je suis tombé sur la variante la plus grave du problème. La tablette est « briquée » (devenue aussi fonctionnelle qu’une brique, quoi!).

Pourtant, je n’ai pas tenté de la déverrouiller (rooter) ni rien de tout cela… et je n’ai même pas eu la chance d’utiliser la tablette, ne serait-ce que pour lire une simple ligne de texte dans un livre!

KindleFire back arrière

Les jours, puis les semaines passent… je suis trop occupé pour penser à contacter Amazon, mais je finis par le faire le 28 décembre, durant mes vacances.

« Oh! Je suis désolée d’entendre ça », qu’on me dit au bout du fil – en anglais bien sûr, j’appelle chez Amazon USA.

« Je peux vous la remplacer, laissez-moi vérifier vos informations ». Et c’est là que le bât blesse. Je suis au Canada.

On m’avise qu’ils vont m’envoyer une nouvelle tablette… à l’adresse de l’acheteur original car ils ne peuvent expédier au Canada, politique interne oblige, le produit n’étant pas vendu de l’autre côté de la frontière.

J’accepte, sachant pertinemment que ça vient de me coûter un autre 30$US de frais postaux en plus d’un deuxième service demandé à mon ami en Californie.

Par contre, la préposée fût assez aimable pour me donner un crédit de 20$ dans mon compte Amazon pour le temps passé au téléphone (après tout, elle m’a mis en attente environ 4 ou 5 fois, le temps de « vérifier quelque chose » pour tenter de m’aider). De mon côté, je dois leur faire parvenir la tablette défectueuse dans les 30 jours où ma carte de crédit sera facturée pour la seconde tablette.

Je l’ai postée ce midi. Encore des frais postaux (environ 26.50$). Le seul côté positif de la chose, c’est que j’aurai un 2e câble pour charger ma tablette, puisqu’Amazon demande de leur retourner uniquement l’appareil. Mince consolation, mais tout de même pratique.

Tout est bien qui finit (relativement) bien

J’ai reçu la nouvelle tablette cette semaine, après 10 jours d’attente. Au moins, elle fonctionne à merveille, même après avoir effectué la fameuse mise à jour qui fût fatale à sa prédécesseure. C’est tout de même dommage qu’Amazon n’ait pas pris la peine de tester son produit convenablement AVANT de le mettre sur le marché.

Évidemment, j’ai ma part de responsabilité dans cette histoire. Acheter un produit qui n’est pas vendu au Canada comprend sa part de risque, mais j’ai assumé jusqu’au bout ma folie: ma tablette de 200$ m’en aura coûté autour de 325$ avec les frais postaux, les taxes et les frais de dédouanement (sans compter l’étui à 40$US).

Et maintenant? On installe des applications!

Après m’être amusé un brin avec les applications se trouvant sur la tablette, j’ai voulu installer Angry Birds (la version gratuite)… mais j’avais oublié le fait que sur la Kindle Fire, on ne passe pas par le véritable Android Market mais bien par « l’Amazon Android Market », une version modifiée où c’est Amazon qui facture notre carte de crédit.

Le problème (car il y en a un!), c’est que comme la Kindle Fire n’est vendue qu’aux États-Unis, Amazon n’accepte les paiements que par carte de crédit américaine… je ne peux donc RIEN télécharger sur ma tablette!

KindleFire Welcome Screen Écran d'accueil

La solution? Déverrouiller (rooter) la Kindle Fire, sinon Je ne pourrai que lire des livres et BD sur mon bidule qui m’a presque coûté le prix d’une tablette.

C’est donc ce que j’ai entrepris de faire… et ça a marché! Je peux maintenant utiliser ma Kindle Fire comme une tablette normale en passant par le VÉRITABLE Android Market.

Premières impressions

Mes impressions après quelques heures d’utilisation (et quelques applications installées): la tablette, que certains prétendaient être peu performante, est loin d’être une tortue technologique. Elle roule tout! Enfin, à date, il n’y a que l’application Evernote que je n’ai pu installer (probablement parce qu’elle n’est pas compatible avec la version 2.2 d’Android sous laquelle la tablette tourne), mais je ferai probablement une mise à jour vers Ice Cream Sandwich (Android 4.0) lorsqu’une version stable sera disponible, grâce à nos amis chez XDA-Developers.

Le boitier ne comporte aucun bouton, mis à part celui pour mettre l’appareil en marche ou l’éteindre. Les haut-parleurs (car il y en a deux) font un boulot respectable, mais sont tous deux situés sur le dessus de la tablette, réduisant l’effet de son stéréo, surtout si l’on tient la tablette en mode paysage. Une prise pour casque d’écoute est disponible au dessous, près du bouton de mise en marche.

Honnêtement, j’aurais inversé le boitier de la tablette pour que les haut parleurs se retrouvent au dessous et le bouton ainsi que la prise stéréo se retrouvent sur le dessus, car il m’arrive souvent d’appuyer involontairement sur le bouton de mise en marche, ce qui éteint l’écran de la Kindle Fire. On peut le faire, mais certains écrans (comme lorsque l’on veut éteindre la tablette) apparaissent à l’envers.

Sinon, côté résolution, les 1024×600 pixels sont amplement suffisants pour son écran de 7″. Les vidéos Youtube fonctionnent très bien, du moment qu’on les laisse dans une résolution inférieure à la HD, sinon l’image est légèrement désynchronisée par-rapport son.

Bref, même si je la qualifie ainsi pour alléger le texte, la Kindle Fire N’EST PAS une tablette. Je la décrirais comme étant un « lecteur électronique évolué ». On peut utiliser des applications Android (et une tonne!), mais le produit n’a pas été conçu pour regarder de la vidéo 1080p, son écran n’a que 600 lignes! Soyons logiques… 😉

Une leçon bien apprise

Tout est bien qui finit bien, mais j’ai été chanceux qu’Amazon accepte de remplacer ma tablette, sachant pertinemment que j’étais Canadien.

Je me dois donc de vous déconseiller fortement de faire ce genre de choses, puisque vous jouez un peu à la loterie… et il devient plus complexe de vous faire remplacer un produit défectueux, même s’il est techniquement « sous garantie ».

Mais maintenant… le plaisir commence!

Kindle Fire Superuser

Comment déverrouiller (rooter) la Kindle Fire…

Pour les curieux ou les bidouilleurs qui aimeraient déverrouiller leur Kindle Fire (ou simplement lire la marche à suivre), je vous réserve un tutoriel d’ici quelques jours, tout au plus, le temps d’y ajouter quelques images et captures d’écran.

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Auteur :

Stéphane Vaillancourt est passionné par la technologie. Il a exploré le design de sites web, les jeux vidéo (comme joueur, designer et programmeur), la photo numérique et même la musique électronique... Il partage maintenant sa passion avec vous! Vous pouvez aussi retrouver ses chroniques sur Canoë Techno (QMI), ainsi que le blogue de zTélé. Il anime également une émission de webradio (podcast) sur la photographie, Objectif Numérique, où il traite de la photo tant pour les débutants que les plus expérimentés.   Dans le passé, il a aussi écrit pour Branche-toi (Best Buy), Branchez-Vous, Sympatico.ca (Synchro Blogue), Geekbécois ainsi que dans le magazine Primeurs (Super Écran).

Commentaires des visiteurs

  1. avatar
    Masa
    20 janvier 2012

    Mazette, quelle histoire! En tout cas, elle semble pas mal du tout cette tablette, à quand en France, je ne sais pas :p


  2. avatar
    StephV
    20 janvier 2012

    Hehe! Pour le Canada, ils n’ont qu’à traverser une ligne imaginaire PAR LA ROUTE et on a pas plus de date… ne retenez pas votre souffle! 😉


  3. avatar
    Maxime Tremblay
    20 janvier 2012

    Je suis refroidi, je n’en veux plus ! 😉

    Mais honnêtement ça reste un produit intéressant à la base. J’ai simplement hâte qu’il débarque au Canada pour vrai pour que l’on puisse l’utiliser sans la bidouiller.


  4. avatar
    StephV
    20 janvier 2012

    Ouais, mais pour le moment, y’a pas vraiment de bonnes alternatives à part le Nook Color (pas vendu ici non plus je pense!)… tu peux essayer le Kobo Vox, mais tu risques d’être déçu, d’après ce que j’ai vu comme vidéos de tests sur le Web.

    Dommage, car je pensais que c’était un bon produit au départ (et Kobo c’est canadien en plus!).


  5. avatar
    Liseuses.net
    15 mars 2012

    Oui c’est vraiment pas de chance. Etant en France j’attends avec impatience ce produit. Pour le moment mon iPad me convient, mais j’avoue être un peu chanceux de posséder ce type d’appareil (vu son prix).

    Ce que je retiens de cette mésaventure c’est que le service client d’Amazon semble (un peu) compréhensif et plutôt pas mauvais. C’est déjà ça.

    Vivement que le Fire et son prix abordable débarque dans nos beaux pays.


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